Des échos du FIFF 2019

Des milliers d’élèves ont pris part aux projections scolaires organisées par Planète Cinéma, dans le cadre du Festival international du film de Fribourg 2019. Une enseignante de l’ECGF, Andrea Duffour, a encouragé ses élèves (tant germanophones que francophones) à écrire leurs impressions critiques. Nous publions leurs textes ci-dessous.

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Compañeros – La noche de 12 años, d’Álvaro Brechner

Compañeros – La Noche de 12 años est un film uruguayen d’Álvaro Brechner finalisé en 2018. Il relate l’histoire de trois opposants – José Mujica, Mauricio Rosencof et Eleuterio Fernandez – durant la dictature de 1973 en Uruguay. Du jour au lendemain, et pendant douze ans, ils n’auront pas le droit de parler, de voir, de dormir. Ils connaîtront consécutivement plusieurs prisons, avec chacune des règles différentes. Ils finiront malgré tout par sortir, et l’un d’entre eux – José Mujica – deviendra même président.

J’ai trouvé le premier plan du film très intéressant et lourd de sens. La caméra donne sur les portes d’une prison et commence à tourner sur elle-même. Au fur et à mesure, des gardiens viennent et s’attaquent aux prisonniers, tandis que la caméra tourne de plus en plus vite, donnant une impression de vertige et accentuant l’action qui se déroule sous nos yeux. Ce travelling figurera également à la fin du film, dans le sens inverse cette fois. De manière générale, les plans de ce film m’ont vraiment plu, ils sont pour la plupart très bien choisis et souvent crus.

Le travail sur les sons est également brillamment pensé, il s’agit même à mes yeux du plus grand atout de ce film. Il retranscrit parfaitement la folie d’un personnage, notamment avec les bruits des insectes accentués. Ils permettent vraiment d’entrer dans le récit. Les sons, comme les silences, ont toujours une raison d’être et ne sont jamais trop pesants. La scène du dialogue en frappant sur les murs est elle aussi brillante. Elle permet d’aborder les dialogues d’un autre point de vue et les chutes de certains traits d’humour ressortent selon moi d’autant plus sous cette forme. Globalement, les moments humoristiques sont très bien amenés et permettent de faire une pause dans l’intensité du film, sans nous faire sortir de l’histoire. Les dialogues sont très naturels, ce qui souligne encore une fois le réalisme de ce long métrage.

Les décors en extérieurs sont plutôt jolis et souvent symétriques, et ceux en intérieur très réalistes et mettent en exergue la situation dans laquelle se retrouvent les personnages. La lumière est souvent très travaillée, elle aussi, surtout dans cet environnement où les prisonniers ne peuvent pas voir.

En conclusion, j’ai passé un  moment fort devant ce film, qui m’a rappelé la situation que certains prisonniers politiques vivent encore à ce jour.

Elisa Chenaux, 1S4, ECGF

 

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Compañeros – La noche de 12 años, d’Álvaro Brechner

Compañeros est un docu-fiction uruguayen sorti en 2019 en salle et réalisé par Alvaro Brechner d’après le livre autobiographique Memorias del Calabozo.

Il raconte, à partir de 1973, la torture et l’emprisonnement pendant 12 ans de trois hommes politiques, José Mujica, Maurisio Rosencof, Eleuterio Fernandez Huidobro, qui étaient contre la dictature en place.

J’ai trouvé ce film très intéressant car il nous fait passer par plusieurs émotions au fur et à mesure du récit. Il  est très stressant suite aux différents plans pris par les cadreurs mais aussi par la bande-son qui fait monter la pression.

J’ai aussi apprécié les moments très durs d’isolement des détenus dans des petites cellules durant des jours, sans lumière et sans pouvoir parler à personne : on peut ressentir le mal qu’ils ont vécu et se demander comment faire pour ne pas céder à la folie.

Mais contrairement à des films comme Les Evadés, on alterne entre scènes en prison et scènes de famille à l’extérieur avec le médecin, etc…

Je pense que le but de ce film est de nous montrer qu’il ne faut jamais baisser les bras devant l’oppression. C’est aussi une sorte de message aux pays émergents pour qu’ils ne se laissent pas faire et se libèrent pour gagner leurs droits, comme ce qui se passe en Algérie actuellement.

Pour conclure, étant un grand fan des œuvres tirées d’une histoire vraie, je conseillerais ce film à des amis car il est bouleversant et malgré les plus de deux heures de durée du film, on ne sent pas le temps passer car on est aspiré dans le film et on a l’impression d’y être.

Ouakaoui Karam 1P4, ECGF

 

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Compañeros – La noche de 12 años, de Álvaro Brechner

Compañeros – La noche de 12 años est un long-métrage de fiction basé sur des faits réels, réalisé en 2018 par Alvaro Brechner. Ce réalisateur, né en 1976 en Uruguay, raconte un volet de l’histoire de son pays qui a eu lieu durant ses 10 premières années de vie ; c’est probablement pour cela que ça l’a touché.

Dès les premiers instants, nous nous trouvons plongés dans l’atmosphère pesante qui va nous suivre tout au long de ce film très touchant. L’Uruguay subit une dictature. En 1973, trois opposants au régime, José Mujica, Mauricio Rosencof et Eleuterio Fernandez Huidobro sont secrètement emprisonnés par le pouvoir militaire. Ils sont jetés dans de petits cachots sombres dans des conditions invivables : interdiction de se voir, de parler ou même de manger. Ils se font déplacer régulièrement et torturer, physiquement et mentalement dans le but de les rendre fous. Les trois hommes à qui l’on a infligé toutes ces horreurs ont inventé une méthode de survie plutôt particulière : ils conversent en frappant discrètement contre les murs de leurs cellules.

Nous avons trouvé ce film excellent car il aborde le thème de la torture mentale qui souvent n’est pas traitée dans les films. Même quand aucun espoir ne semble permis, les héros de ce film prouvent que l’homme peut trouver de la force en s’accrochant à de petites choses : un souvenir, une partie d’échec ou un rayon de soleil.

Brechner utilise la méthode de la caméra subjective pour nous mettre plus facilement dans la peau des personnages : on voit, on vit et on entend leurs souffrances. Il travaille aussi avec des flashbacks rapides pour nous remémorer les cruautés passées, comme certains moments heureux des protagonistes. Enfin, la camera travelling est utilisée à la fin du long-métrage pour suivre leur voyage et montrer leurs émotions finales.

Avec son œuvre, Brechner utilise le 7e art pour faire réaliser à chaque spectateur l’existence de la torture dans le monde, les traitements inhumains infligés à certaines personnes en raison de leurs idées. Il permet surtout de montrer la valeur de ce que l’on prend trop souvent pour acquis dans notre vie de tous les jours, comme les droits de l’homme, la liberté d’expression, l’importance des relations humaines, la force de l’amitié et la chance de vivre en démocratie.

Ce film nous a bouleversées et émues en même temps ; nous le conseillons à toutes les écoles mais au reste du monde aussi. Pas étonnant qu’il ait gagné le prix du public !

 Maurine Kummer, Alya Sid’Amar, 16 ans,  ECGF

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Seconds – L’opération diabolique, de John Frankenheimer

Seconds est un film américain de fiction réalisé par John Frankenheimer en 1966. Il relate l’histoire d’un quinquagénaire qui, après de nombreux appels de son ancien meilleur ami, décédé il y a de nombreuses années de cela, voit sa vie changer grâce à (ou à cause de) une société mystérieuse.

Arthur Hamilton, joué par John Randolph, est un homme d’affaires effacé, qui ne raconte plus rien à sa femme. Il reçoit plusieurs appels de son ancien ami, Charlie, supposé mort depuis longtemps. Arthur se laisse tout de même tenter et se rend au lieu qui lui avait été indiqué. Il se retrouve alors dans une société qui lui offre une transformation chirurgicale afin de recommencer une nouvelle vie, jeune et en bonne santé et, en échange, déguisera sa disparition en une mort quelconque.

Dans sa nouvelle vie, il s’appelle Antiochus Wilson, un jeune peintre joué par Rock Hudson. Au départ, tout se déroule bien, jusqu’à ce qu’il réalise qu’il avait raté de nombreuses choses dans sa vie antérieure. Au cours d’une soirée trop arrosée, il ruine sa carrière. Il retourne alors au centre de l’association et demande une nouvelle opération afin de pouvoir recommencer à zéro une nouvelle fois. En attendant son opération, il retrouve son vieil ami, Charlie. Plus tard, il lui est dit qu’il va être opéré à nouveau. Cependant il ne se réveillera pas de cette dernière intervention.

La réalisation du film est surprenante. Il y a beaucoup de plans décadrés, ce qui marque le déséquilibre et le malaise des personnages, surtout d’Arthur Hamilton et de Tony Wilson. Beaucoup de plans sont aussi subjectifs, ce qui nous permet de voir à travers les yeux du personnage et donc de nous mettre à sa place.

Ce film m’a beaucoup plu, non seulement car je suis intéressée par les films anciens, mais car je trouve l’histoire prenante. Il y a cependant quelques passages ennuyeux ou qui n’ont pas beaucoup d’importance dans le scénario. Au final, j’ai tiré une morale de cette fiction : « Vivez votre vie pleinement et ayez le moins de regrets possible ». Car, contrairement aux personnages de ce long métrage, nous n’avons pas de seconde chance et nous devons vivre notre vie pleinement chaque jour.

Cheyenne Bürke 1S6 ECGF (15 ans)

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Dream Away, de Johanna Domke et Marouan Omara

Dreamaway, long métrage documentaire de Johanna Domke et Marouan Omara, a été réalisé en Égypte en 2018.

Le décor est planté, nous sommes dans un désert. Nous suivons plusieurs salariés d’un charmant hôtel à Charm El-Cheikh. L’histoire d’un somptueux endoit qui se transforme en ville fantôme. Tout commence en 2015 quand Daesh abat plus de 200 touristes durant leurs vacances de rêve. Ces employés débordés par le travail se retrouvent du jour au lendemain à devoir faire leur chorégraphie devant une piscine vide, à préparer des soirées sans invités… Nous allons découvrir au long de ce documentaire l’histoire de chacun d’entre eux, pourquoi sont-ils venus ici, comment en sont-ils arrivés là. Des histoires toutes très différentes entre elles avec un fond très vrai.

Commençons par le contexte politique là-bas qui est très compliqué. Daesh mène sa loi et les gens subissent. Les attentats ont particulièrement aggravé la situation de ce pays rempli de charme et de sa magnifique culture.

Pour poursuivre, nous allons parler des décors du film qui étaient très réels et naturels. Dans les diverses scènes nous pouvons apercevoir différents paysages de l’Égypte. Une ambiance que j’ai particulièrement appréciée est celle où nous nous retrouvons dans le désert. Une explosion de paysages les uns plus beaux que les autres. Le tout regroupé dans ce film était juste magnifique. Nous avons pu apercevoir l’arrière décor de nos vacances de rêve à nous, Européens.

La position des caméras était très captivante, on pouvait ressentir les sentiments de chacun des acteurs grâce aux gros plans. J’ai relevé une scène qui revenait à plusieurs reprises, celle de la mascotte qui se faisait suivre par les employés, un par un. C’était en fait le moment où l’on apprenait leur vie passée, comme des sortes de « flashback ». Avec cette scène plus familière nous avons pu nous retrouver plus facilement dans l’histoire. La caméra était d’ailleurs sur la camionnette, on pouvait se projeter et se croire réellement là-bas.

J’aimerais terminer par mon ressenti personnel. J’ai été emportée par ces paysages magnifiques ainsi que ces personnes, employés les uns plus démunis que les autres. Ce film m’a aidé à prendre conscience de l’arrière du décor de beaucoup d’endroits comme celui-ci, paraissant paradisiaques pour nous, mais qui peuvent être tout le contraire pour ceux qui y vivent et travaillent. J’ai aimé le voyage que m’a fait vivre ce film tout en restant sur un siège d’une salle de cinéma.

Bleona 1S6 ECGF

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Seconds – L’opération diabolique, de John Frankenheimer

Le Festival de Fribourg proposait une version restaurée du film Seconds – l’opération diabolique, réalisé par John Frankenheimer en 1960.  Appartenant au genre thriller/fantastique, ce long métrage nous plonge au cœur de la vie d’Arthur Hamilton, un quinquagénaire marié et père d’une fille. Il occupe un poste haut placé dans une banque et mène une vie banale, monotone. Un jour, il reçoit un appel d’un ami qu’il croyait mort. Depuis cet appel, sa vie change. Son ami lui parle d’une compagnie spécialisée dans les renaissances. Elle veut permettre à ceux qui le souhaitent un nouveau départ, une nouvelle vie, en les changeant radicalement grâce à la chirurgie esthétique et en simulant leur mort. Arthur renaît sous les traits de Rock Hudson, un jeune homme séduisant dans la trentaine. Ce nouveau départ qui semblait porter ses fruits va prendre une toute autre tournure quand Arthur va être pris au piège par la même société qui l’a transformé. La fin est plutôt glaçante.

Est-ce que ça vaut la peine de tout laisser derrière soi pour prendre un nouveau départ ? Ne devrions-nous pas nous contenter de ce que l’on a ? Telle est à mon avis la morale de ce film, dont la conception est vraiment intrigante, surtout avec les premières scènes. Même si j’avoue avoir été un peu perdue au début, avec la remise de ce message, les appels qui venaient d’une personne que l’on ne connaissait pas et les rendez-vous à différents endroits avec à chaque fois, une nouvelle piste pour trouver ce fameux inconnu.

Lucie Dessibourg, 16 ans, 1S6 ECGF

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