FIFF 2017 : les lauréats du blog sont désignés !

Les spectateurs des projections scolaires du FIFF étaient invités à nous transmettre leurs critiques des films qui les ont touchés, ébranlés, déçus parfois. Nous avons reçu 37 contributions sur 15 titres différents. Un jury de 2 personnes (la responsable de Planète cinéma et le responsable d’e-media.ch) ont décidé de distinguer les textes suivants:

Lucien Fick recevra une carte à 5 entrées pour le FIFF 2018 pour son texte sur “Everest” de Baltasar Kormakur

Sonia Marra Majcherczyk et Ludovic Patoureau recevront chacun une carte à 5 entrées pour le FIFF 2018, pour leur texte consacré à “The Student” : “De l’opium du peuple à la religion d’Etat”

Alain Schenker recevra deux places de cinéma pour son texte sur “Les Démons”, de Philippe Lesage

Aurélie Baguena recevra deux places de cinéma pour son texte sur “The Student” : “Une radicalisation dévoilée au grand jour”

Anne Kanana recevra deux places de cinéma pour son texte sur “The Orphanage”.

Elisa Lloris Zuckerberg Pesquet Chenaux recevra 2 places de cinéma pour son texte sur “The Student”

Natasha Pürro et Livia Zollet recevront deux places de cinéma chacune pour leur texte sur “Rauf”

Enfin, Mélissa Barbey, Laura Bise, Sébastien Francey et Fiona Gamba recevront une place de cinéma chacun pour leur texte sur le documentaire “Obscure”.

Félicitations aux lauréats et très grand merci à tous les participants pour leurs réflexions critiques ! A l’année prochaine !

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Ce que vous avez pensé des films du Festival de Fribourg 2017

Les films projetés aux séances scolaires de Planète Cinéma ont suscité la discussion et le débat. Ils bousculaient certaines représentations et mettaient des émotions en mouvement. Au terme de la scolarité obligatoire, les élèves devraient être capables de porter une analyse personnelle étayée sur les représentations proposées dans un long métrage et pouvoir déterminer les intentions des auteurs.

Ce blog de Planète Cinéma est une plateforme d’échange de points de vue pour ces rédacteurs et rédactrices critiques en herbe. Comme lors des précédentes éditions du FIFF, nous invitions les élèves, étudiants et personnes en formation à proposer leurs textes critiques relatifs aux films projetés en séances scolaires ou durant le festival. Nous encouragions les enseignant-e-s à les aider à mettre en forme leurs idées et à les restituer comme de vrais critiques de cinéma.

Toutes les contributions reçues seront examinées par un jury et les meilleures seront primées. Le palmarès sera dévoilé d’ici au 11 mai.

Prix : une carte 5 entrées aux FIFF 2018 et des places de cinéma

Les textes devaient nous parvenir jusqu’au 13 avril, via la fonction «Commentaires» du blog. / CGS. Photo FIFF – Nicolas Brodard.

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Les Démons, de Philippe Lesage

Ce film est une fiction dramatique qui nous vient du Québec (Canada), où il a été réalisé et  scénarisé par Philippe Lesage. Sorti en 2015 au pays du smoked meat, il fut disponible pour la première fois dans le pays du Gruyère ce 1 avril 2017 lors du 31ème Festival International du Film de Fribourg.

Félix est un petit garçon de 10 ans, sensible, qui se pose mille et une questions : où est mon père ? Mes parents vont-il divorcer ? Suis-je gay ? Rebecca, la prof de sport, m’aime-t-elle ?… Une rumeur circule parmi les collégiens… Que va-t-il se passer pour notre protagoniste? C’est alors qu’une disparition est annoncée dans cette banlieue “paisible” de Montréal…

Monsieur Lesage s’inspire de sa propre enfance et de faits divers qui se sont produits  afin de réaliser son 6ème film. En effet, notre réalisateur se posait beaucoup de questions étant enfant. Le titre du film peut nous induire en erreur et on peut s’attendre à  une histoire de fantôme terrifiante. Cependant, si vous espérez avoir la frousse en regardant les démons vous risquerez d’être déçu.

Par contre, dans le récit se cachent des personnages touchants et plein de” belles “thématiques qui valent le détour. Le film est rempli d’enfants, il y a notamment 16 élèves dans la classe de Félix (Edouard Tremblay-Grenier). Les enfants, pourtant symboles de “l’innocence”, mettent à l’écart notre protagoniste. Eh oui, Félix passe pour un enfant asocial. Dès la première scène, Rébecca (Victoria Diamond), la prof de sport, interdit qu’on lui prête un crayon.

La musique est très importante dans le film. Elle nous fait suivre les pensées de Félix. De plus le son bien choisi embellit le film, qui se passe dans 4 lieux principaux : l’école (salle de classe, salle de sport, cour de récréation), la maison de Félix (chambre d’enfant, cave, salon, jardin), la piscine du quartier (vestiaire, piscine, douche…), la forêt (tours, lac). Ces principaux lieux où se passent les différentes actions ont été habilement choisis pour permettre des plans de qualité.

Ce film nous offre une multitude de plans. Je vais vous en décrire quelques-uns. Pour commencer, un plan d’ensemble dans la salle de sport où l’on voit les enfants en train de faire un examen. Félix se trouve devant, au premier plan de la classe, ce qui lui donne de l’importance , mais cela le fait aussi passer pour seul, car ses camarades sont en retrait.

On peut aussi observer le plan fixe sur le lit, quand Félix joue avec son ami déguisé en Rebecca, “sa blonde”. Rebecca, cela ne vous rappelle pas quelqu’un ? La prof de sport : deux situations et autant d’amours interdites .

Autre plan marquant, celui de la piscine : Félix est au bord de l’eau et observe les enfants jouer. La caméra représente-t- elle vraiment le regard de Félix? Il s’agit ici d’une subtile illusion d’optique: le spectateur est persuadé que c’est le regard de Félix, mais  c’est en réalité Ben,  le surveillant de la piscine,  qui observe les enfants jouer.

Amateurs de cinéma, passionnés de la culture québécoise, ou tous simplement curieux, prenez le temps d’allez voir cette tranche de vie qui pousse à la réflexion !

Alain Schenker, 18 ans, 1P1-ECGF

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The Student, de Kirill Serebrenikov – La religion, c’est l’opium du peuple

Veniamin, un jeune étudiant russe, sèche les cours de piscine depuis plusieurs semaines. Sa mère s’inquiète de ce comportement plus qu’inhabituel. Quand elle lui demande pourquoi, il répond que ces cours contreviennent à sa religion. De fil en aiguille, l’adolescent se radicalise toujours plus. Sa professeure de biologie essaie tant bien que mal de le raisonner par la logique, mais Venia refuse tout échange. Beaucoup d’autres adultes tentent en vain de le comprendre, mais même son professeur de religion ne parvient pas à lui démontrer qu’il y a d’autres manières d’être chrétien. Un seul élève réussit à le faire sortir de sa coquille: Grisha. Peu à peu, lui aussi s’intéresse à la religion, pensant que Dieu pourra faire grandir sa jambe atrophiée. Seulement, Venia commence à croire que ce dernier est homosexuel, et donc selon lui ne doit pas vivre. A l’école, Lena, la professeure de biologie, continue de le provoquer, avec des sujets de plus en plus épineux selon lui. De plus, il découvre que celle-ci est juive, et par conséquent, il doit à tout prix l’éviter. Il ne parle plus qu’avec des passages de la Bible, ce qui en agace plus d’un. Mais une idée germe dans sa tête: il doit se débarrasser de Lena, peu importe le moyen.

Elisa Lloris Zuckerberg Pesquet Chenaux, CO de Jolimont, 11b

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The Orphanage, de Juan Antonio Bayona

C’est l’histoire d’une mère qui décide d’emménager dans l’orphelinat dans  lequel elle a grandi en étant plus jeune. Elle a pour but d’ouvrir un foyer d’accueil pour enfants. Dès leur emménagement, le fils demande à sa mère si elle n’avait pas peur quand elle y vivait car il commence à voir des choses étranges. En  effet, il dit à sa maman qu’il ne veut plus grandir et rester enfant comme ses nouveaux amis. Il commence d’abord par les dessiner et du jour au lendemain, il disparaît.

Suite à l’arrivée d’un medium à l’orphelinat selon la demande de la maman (Laura), le médium lui apprend que les âmes des anciens orphelins seraient toujours dans la maison. L’enfant (Simon) aurait disparu suite à un jeux de piste organisé par les six fantômes.

La mère de Simon retrouvera-t-elle son fils?

C’est un  film fantastique qui joue sur des séquences de fantômes assez glaçantes mais aussi sur un climat psychologique tendu et sur l’amour d’une mère pour son enfant. Pour moi c’est un film bien réussi car il y a de l’intrigue durant tout le film en jouant avec le travelling on vit un peu l’histoire à travers les personnages et avec les gros plans sur Laura on ressent son angoisse et sa détresse. Grâce a ce film qui a permis  au  jeune réalisateur  Juan Antonio Bayona de se faire connaître il nous fait aussi partager l’histoire d’une famille.

Anne Kanana, ECGF,1S5

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A Journey to the Moon Symphony, de Sandra Reyes Sotomayor

Ce film a été réalisé par Sandra Reyes Sotomayor en 2014. Il vient de Colombie. Le film est un film d’animation de court métrage,  l’histoire se passe autour d’un drame. Suite à la mort de sa grand-mère, Nicolas pense que celle-ci est partie vivre sur la lune. Il va essayer d’atteindre la lune dans l’espoir de la retrouver. Malheureusement, toutes ses tentatives s’avéreront inutiles. Heureusement, le projet du petit garçon n’est pas passé inaperçu aux yeux de son père, qui viendra le sauver et le délivrer de sa peine.

Le film commence par un travelling montrant le décor et les personnages. On peut voir une famille vivant dans une ferme. Les cadrages sont principalement constitués de gros plans, sur des lieux comme la lune ou sur le petit garçon, pour montrer ses émotions. Vu que le film est muet, les musiques sont très importantes pour comprendre les sentiments des personnages. Les musiques choisies mettaient en avant la tristesse de l’enfant suite au décès de sa grand-maman. J’ai adoré le lien avec le film « A Trip to the Moon » de Georges Méliès : quand le petit garçon et la vieille femme regardent la télévision côte à côte, le film passe à la télévision. Le fait de finir le récit avec un happy end est particulièrement bien choisi car le film est pour des enfants et le fait de finir sur une fin triste aurait perturbé la plupart.

Fabien Sudan, 17ans, 1P2, ECGF

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The Student, de Kirill Serebrenikov – Une radicalisation dévoilée au grand jour

 

The Student est un long métrage dramatique et bouleversant, adapté de la pièce Martyr de l’écrivain allemand Marius von Mayenburg. Le disciple, en français, a été réalisé par un cinéaste russe, Kirill Serebrenikov en 2016. Ce film russe, en version originale sous-titrée, a reçu sept récompenses dont le Prix du cinéma européen 2016. Celui-ci met en avant Veniamin, un adolescent révolté par les valeurs contemporaines et qui périt dans une radicalisation chrétienne. Il y fait sombrer un de ses camarades de classe et réussit à convertir sa mère à sa cause. Il s’en prend à son école, qui, selon lui, ne prône pas « les bonnes valeurs ». Cependant, il rencontre sur son chemin une adversaire de taille qui n’est qu’autre sa professeure de biologie. Elle, qui défend la théorie de l’évolution, la tolérance et la liberté, lui fera face jusqu’au dernier moment.

Ce scénario interpelle sur l’environnement scolaire. En effet, dans une classe, les professeurs peuvent être confrontés à plusieurs élèves de différentes religions. Ceux-ci doivent faire preuve d’indulgence et de flexibilité lorsque qu’une ou d’autres croyances ne se calquent pas à la leur. Mais, qu’en est-il du programme scolaire et son environnement ?
Ce jeune homme, vivant en Russie, est contraint à l’enseignement de ces professeurs qui soutiennent que Staline est « un bon manager » et mettent en avant les théories de Darwin. Ceux-ci ne prennent pas en considération la religion d’autrui. Par exemple, lors de l’éducation sexuelle, Veniamin va manifester fortement son opinion en citant un passage de la Bible. En effet, toutes ces certitudes se basent sur ces Ecritures. C’est ainsi qu’il va se battre dans une « guerre contre l’immoralité ». Et, si nous rencontrions une personne comme lui, qui ne partage pas les convictions promulguées par le corps scolaire. Que faisons-nous ? C’est ainsi que ce film soulève les interrogations suivantes :

• Au cours de natation, les filles peuvent-elles porter un bikini ?
• Est-ce que les cours d’éducation sexuelle ont leur place dans le programme scolaire ?
• Dans les cours de sciences naturelles, la théorie de l’évolution doit-elle être enseignée ? Ne devrions-nous pas aussi enseigner, de ce fait, la théorie d’un point de vue religieux ?

Toutes ces interrogations ne touchent pas seulement la Russie. Elles concernent tous les établissements scolaires dans la sphère mondiale… En tant qu’étudiante dans le Travail social, je pense qu’il faudrait qu’on soit vigilant-e à ce type de radicalisation et ne pas oublier que chacun-e possède sa propre vision du monde.

De plus, ce long métrage met en avant une radicalisation peu connue. Il est vrai que dans notre société, nous n’entendons que très rarement parler de ce penchant extrémiste de la chrétienté. Les médias nous exposent la plupart du temps à la radicalisation islamique. J’étais très intéressée à visionner ce long métrage par ma méconnaissance de cette unification extrême d’une religion si familière.

Cet adolescent impulsif et menaçant à travers ses actes ainsi que ses paroles se montre dans des scènes qui peuvent choquer certaines sensibilités. Il est vrai qu’à plusieurs reprises, nous pouvons vivre du harcèlement moral. Il va même accuser sa mère d’avoir péché car elle a divorcé. Il ne cherche pas à savoir pourquoi elle l’a fait. En effet, il est persuadé qu’il doit la raisonner afin qu’elle ne transgresse plus cette loi divine. Nous pouvons aussi vivre de la violence physique tout au long du film. Lorsque Veniamin bat son camarade pour lui faire prendre conscience de sa transgression à l’enseignement du Christ. Il va même jusqu’à commettre l’irréparable. C’est ainsi que je me rends compte que les médias n’exposent pas assez les côtés noirs de certaines religions qui peuvent nous paraître si familières…

Pour conclure, je conseillerai à quiconque d’aller voir ce film pour sa culture personnelle et pour découvrir la vision du monde ce jeune adolescent. Le jeu d’acteurs est très réussi et les dialogues de bonne qualité, ce qui nous permet de rentrer dans cette réalisation. Cependant, je conseillerai aux personnes de religion chrétienne de regarder ce film comme une découverte cinématographique et non comme un jugement de leur orientation religieuse.

Préparez-vous, cependant, à être dérangé, surpris voire choqué par quelques scènes. Si vous allez visionner ce long métrage, celui-ci viendra vous questionner sur de nombreux terrains trop rarement arpentés…

Aurélie Baguena

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